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Un pavillon de la source du XVIIe s. dans l'Arboretum © MNHN - S. Gerbault

L'histoire de l'Arboretum

Partie intégrante du domaine royal de Versailles, Chèvreloup est une espace paysager de plus de 200 hectares géré par le Muséum national d'Histoire naturelle.

Une histoire longue et riche

L'histoire de Chèvreloup s'inscrit dans celle du parc et du château de Versailles. A la fin du XVIIe siècle, sous ordre de Louis XIV, le hameau et ses terres sont inclus dans le parc pour étendre les parcours de chasse et dévier les eaux qui y coulent au profit des bassins du palais.
Le Muséum national d'Histoire naturelle prend possession de ce domaine au début du XXe siècle pour y développer des collections végétales complémentaires de celles du Jardin des Plantes de Paris. Ces premières plantations botaniques sont organisées selon un vaste plan à la française. Puis à partir des années 1960 de nouveaux secteurs du parc sont aménagés en arboretum scientifique selon un plan de plantation naturel.

Chronologie détaillée

XIIIe siècle - Pour la première fois, l'existence d'un hameau nommé Chèvreloup (Capra Lupi) est attesté d'après le cartulaire (recueil de chartes contenant la transcription des titres de propriété) de Notre Dame de Paris.

1680 - À la demande de Louis XIV, la construction du Réservoir de Chèvreloup est amorcée. Ce grand réservoir ainsi que la construction de conduites répondent aux besoins des fontaines de Trianon.
 

Projet de restauration du réservoir de Chèvreloup - 1ère moitié du XIXe siècle

 

1685 -  La plaine de Chèvreloup est incluse dans le Petit Parc de Versailles afin d'étendre le parcours des chasses royales et dévier les eaux qui y coulent au profit des bassins du palais. L'ensemble du Petit Parc est bientôt clos d'un mur d'enceinte et le hameau de Chèvreloup avec sa chapelle seront détruits, tandis que pour les besoins de la chasse, l'entretien du paysage agricole est poursuivi par des fermiers.

1759 - Sous Louis XV, à Trianon, domaine contigu à Chèvreloup, le célèbre botaniste Bernard de Jussieu, crée un petit jardin botanique qui disparaîtra à la fin du XVIIIe siècle.

1797 - Sous le Directoire, de nombreux biens sont vendus, dont une parcelle des terres de Chèvreloup, à des propriétaires privés.

1810 - Le domaine est racheté par Napoléon pour reconstituer le Petit Parc de Versailles. Les terres sont mises en fermage.

1848 - Au sud-est Chèvreloup, une pépinière dépendant de Trianon est créée ainsi que les premiers aménagements paysagers le long d'une allée à l'anglaise dont seul un Sophora subsistera jusqu'au XXe siècle.

1848-1852 - L'Institut national agronomique est fondé à Versailles, on lui attribue 1 500 ha de terres dont le domaine de Chèvreloup, qui comprend alors 50 ha de prés et 150 ha de terres labourables. L'institut est dissous au bout de 5 ans et Chèvreloup est remis en fermage.

1921 - Le domaine est attribué au Muséum national d'Histoire naturelle pour y développer un grand jardin botanique, appelé « Jardin de Jussieu », qui sera l'annexe du Jardin des Plantes, alors à l'étroit dans la capitale. Désiré Bois, professeur au Muséum, en établit le projet de collections avec arbres, arbustes, rosiers, plantes herbacées, fruitiers... et François-Benjamin Chaussemiche, architecte du domaine de Versailles, en dessine le plan paysager à la française.

1922 - Premiers aménagements du Jardin de Jussieu et début des plantations. Seules les collections de conifères et de grands alignements, essentiellement dans le ¼ sud-est du domaine, seront implantés avant la Seconde guerre mondiale.

Projet du Jardin de Jussieu de 1922 dessiné par François-Benjamin Chaussemiche

 

1927 - La publication du décret officiel affecte le domaine de Chèvreloup au Muséum national d'Histoire naturelle.

1940 - Durant la Seconde guerre mondiale, 2 000 parcelles de jardins familiaux sont attribuées aux habitants de Versailles qui meurent de faim. Des animaux herbivores du Parc Zoologique de Paris y sont installés vers 1945, devant la difficulté d'alimentation en foin. De nombreuses plantations sont perdues. S'en suit une période difficile et la quasi suspension des activités au Jardin de Jussieu.

1960 -  Le Muséum relance le développement du domaine : le projet initial, non abouti, du Jardin de Jussieu est remplacé par un projet d'arboretum scientifique, renommé Arboretum de Chèvreloup. Un nouveau plan paysager, plus libre et naturel, avec de nouvelles circulations et un étang (creusé en 1975), est esquissé entre 1964 et 1966.

1965 - Georges Callen, ingénieur au Muséum, établit un plan de plantation regroupant les espèces d'arbres selon leurs origines géographiques. Les plantations sont relancées (plusieurs centaines de spécimens par an jusqu’à nos jours).

Projet d'aménagement du domaine de Chèvreloup par L.M. Lafon en 1966.

 

1969 - Des serres horticoles sont installées pour produire des plantes destinées aux massifs du Jardin des Plantes.

1979 - Construction du pavillon d'accueil et ouverture au public de 50 ha de l'Arboretum.

1985 - Construction de nouvelles serres pour abriter les collections tropicales trop à l'étroit au Jardin des Plantes.

1999 -  La tempête du 26 décembre abat de nombreux arbres âgés, dont le seul rescapé des plantations du XIXe siècle, le sophora de 1848 (il sera sauvegardé grâce à un rejet de souche en 2002). Les plus beaux alignements de l'ancien Jardin de Jussieu subsistent et les premières plantations déployées après 1965 arrivent à maturité.

2018 - ouverture de l'ensemble du domaine à la visite.